mercredi 21 novembre 2007

Jour 5 – Hue, la Cité Impériale sous le 17ème parallèle

Même si ce nom ne vous dis sans doute rien, nombre d’entre vous connaisse Hue : c’est là que se déroule la deuxième partie du film Full Metal Jacket … Mais Hue c’est aussi La Cite impériale, ou du moins ce qu’il en reste, car la ville se situe juste sous le 17ème parallèle qui marquait la séparation entre le nord communiste et le sud capitaliste, et a donc été particulièrement touchée pendant l’offensive du Têt en 68. En effet Hue était la capitale du Vietnam pendant toute la dynastie des Nguyen, les multiples empereurs y ont donc construit puis déconstruit puis reconstruit leurs palais dans l’enceinte de la Cité impériale.

Pleins de bâtiments aux fonctions diverses dont notamment la Citée Pourpre Interdite (et oui il n’y a pas qu’une seule cité interdite, il y en a autant que de palais impériaux à influence chinoise) dont la fonction était le baisodrome officiel de l’empereur, et autant dire que c’était des chaud lapins, je vous donne le top scorer : Minh Mang, 30 femmes, 350 concubines et 144 enfants en à peine 20 ans de règne … respect. Mais aujourd’hui tout ce qu’on peut voir de la Cité Interdite de Hue c’est un grand rectangle sur le sol. C’est un peu blasant d’avoir systématiquement pour explication : ici se dressait tel bâtiment, détruit telle année, pendant tel bombardement …

Ces mêmes empereurs se sont fait construire des mausolées à l’extérieur de Hue, le long de la rivière des parfums (non désolé ça pue la vase comme toutes les rivières). Globalement je suis assez déçu, on te dit dynastie, empereurs, mausolées, donc en principe tu t’attends à quelque chose de grandiose, mais en fait tout à été construit sous l’occupation française et le matériau de prédilection c’était le béton. On sent que les vietnamiens ont jamais du être super riche, surtout en comparaison avec les chinois …

Vu que j’avais pas envie d’aller faire le tour des mausolées avec un tour organisé, j’ai simplement loué les services d’un moto-taxi pour l’après-midi qui m’a trimbalé de site en site et le Routard était largement suffisant pour les explications. Moyennant quoi ça m’a permis d’être complètement déphasé par rapport aux groupes de touristes (je comprends pas pourquoi tous les groupes se suivent comme des crétins alors qu’il leur suffirait de ne pas visiter les sites dans le même ordre). Par exemple le premier mausolée que j’ai visité était construit tout en longueur donc j’ai progressé dans une ambiance irréel dans le calme le plus total, j’avais limite l’impression d’être le premier à découvrir le site … Mais sur le chemin du retour et la vision était beaucoup moins marrante :

Un flot de touristes semblaient vouloir inonder les moindres recoin du site en courant frénétiquement dans tous les sens ... ou du moins c'est l'impression qu'ils me donnaient.
Mais Hue c’est aussi la capitale du chapeau conique. Dans l’absolu c’est surtout un chapeau pour les femmes, l’exact équivalent du chapeau melon pour les cholas de La Paz. Mais j’ai pas pu m’empêcher d’en acheter un « same same vietnam » qu’elle a dit la vendeuse.
Pour resituer la chronologie des événements, j’étais arrivé la veille à Hue et j’avais passé une soirée fort sympathique avec des jeunes de Hue, au cours de laquelle j’avais rencontré Pham Thuan, le plus grand fan de Julio Iglesias que la Terre ai jamais portée (il en fallait bien un). La nuit suivante allait être beaucoup moins agréable. Je décolle de Hue en début de soirée à destination de Hanoi, et découvre que j’allais voyager à bord d’un bus à couchettes. Sur le coup je me dis que je vais peut passer une nuit pas si pire que ça finalement. Sauf les dites « couchettes » devaient être conçues pour le vietnamien moyen soit 1m50 et chaussant du 35 fillette …
Il m’a fallu environ 3,5 secondes pour me rendre compte que jamais je n’arriverai à trouver de position supportable et un sentiment de panique m’a rapidement gagné lorsque je me suis mis à songer aux 12 heures de voyage qui m’attendaient. Et de fait, je pense qu’il s’agit de la pire nuit de ma vie, ex æquo avec cette nuit passée dans un bus entre La Paz et Copacabana en Bolivie : à cause des blocus, on avait raté le dernier bac qui permet de traverser une portion du lac Titicaca, j’avait donc été obligé de passer la nuit dans le bus, en plein hiver, à plus de 4000m d’altitude, coincé entre une énorme chola et la fenêtre (qui était en fait un bout de carton rafistolé avec du scotch) … du pur bonheur.

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