mardi 20 novembre 2007

Jour 3 – De Saigon à Da Nang … flooded again.

Après une nuit pas terrible dans le train car petit budget donc pas de couchette pour moi, en me réveillant je constate que le train longe la côte et que le paysage est sympa. Puis je me dis que c’est bizarre car il me semblait pas que le train devait passer aussi près de l’océan. Et finalement je me rends compte en apercevant des toits de bâtiments émergeant de l’eau que ce que je prenais pour la mer était en faite des vallées entières inondées …

Bien sure, ces inondations n’étaient pas uniquement dues aux précipitations de la veille mais surtout aux nombreuses tempêtes et typhons qui ont frappés le Vietnam ces derniers mois. Au final tout le sud et centre du Vietnam ont été durement touchés et la situation semble assez délicate. Bien sûre les conséquences sur mon voyage sont moins dramatiques mais le train a quand même stoppé une première fois au milieu de nulle part, paumé dans les rizières de la campagne vietnamienne profonde.

Je n’ai jamais su si c’était du aux inondations ou pas mais c’était sur une portion où les rails ne comprenait qu’une seul voie, et il fallait donc attendre que le train arrivant en sens inverse ait passé cette portion afin que nous puissions à notre tour l’emprunter … mais bien sûre il n’y avait pas moyen de savoir quand cela allait se produire. Au final on a poirauté pendant 3h pendant lesquels il a fallu endurer les pires daubes de l’industrie du cinéma (que d’ailleurs ça passe même pas au cinéma, ni même à la télé, je pense qu’il s’agit d’une branche parallèle de l’industrie du film uniquement destinée aux bus et trains). Pour ceux qui se disent « ouais je connais ça, moi aussi j’ai eu le droit à ces films », laissez moi apporter quelques précision sur la version vietnamienne du phénomène : ils coupent le son et c’est une seule et même voix qui double tous les dialogues que ce soit un mec ou une nana qui parle ne fera même pas changer l’intonation du doubleur (ou doubleuse) … Le plus drôle c’est que j’ai même eu le droit à un très vieux épisode de « C’est pas sorcier » (oui oui l’émission française … sans doute les vestiges de la colonisation) sauf que Jamy et Fred doublés par une nana ça passe pas. Bref le train repart aux alentours de 10h et je me dis que cet arrêt était peut-être prévu dans le planning et que si ça se trouve j’arriverai bien à 14h à Da Nang comme prévu … sauf qu’une heure plus tard le train s’arrête de nouveau et après encore 3h d’attente (soit à 14h), quand j’ai perdu tout espoir d’arriver à l’heure, j’essaye de me renseigner pour savoir où on est sur la carte … on se rend compte toujours après qu’on avait en fait pas envie de savoir. En l’occurrence on était à peine à mi-chemin entre Saigon et Da Nang, mais ô miracle on sait à quelle heure le train redémarre : 18h … ça pourrait passer pour une bonne grosse galère : c’en était bien une, surtout dans mon cas ou je m'était prévu un planning au timing serré. Mais les habitués de ce genre de situation savent aussi que c’est dans ces cas là qu’on vit les meilleures expériences. Cette fois le train avait eu la bonne idée de s’arrêter dans un semblant de village, où une bande de gamins jouaient au cerf-volant. Un truc international qui marche toujours avec les mômes : les prendre en photo avec un numérique et leur montrer les photos, ça remporte systématiquement un bon succès et tu as vite fait de te retrouver entouré de tous les gosses du village.

Sauf que cette fois je me suis vraiment senti con quand un d’entre eux m’a sorti un portable pour me prendre en photo et me la montrer … y a vraiment plus de jeunesse. Un peu plus tard, des adultes du train m’ont invité pour partager un poulet et quelques fruits qu’on a mangés sur 3 feuilles de bananier et 2 feuilles de papier journal étendues en plein milieu des rails, le tout accompagné d’un alcool de riz.

Incroyable moment, seul regret : la communication était vraiment limité, mon vietnamien se résumant à « cam on » (merci), leur français lui se limite à « Bonjour. Comment allez vous. Zinedine Zidane. ». Leur anglais c’est un peu mieux ça donne « Hi my friend. In my country we all family. No problem. ». Heureusement le langage des signes et du meuneumeuneu ça marche toujours, et c’est jamais très compliqué de comprendre « bois moi ce verre cul sec ! ».

Le train arrive finalement à Da Nang à minuit soit avec 10h de retard et 25h après le départ de Saigon. Histoire de faire simple je m’arrête pas là et je prends un taxi pour aller à Hoi An où j’arrive à 1h du mat … je crois que c’est l’heure parfaite pour arriver dans une ville : même les hôtels pour arrivants tardifs ont fermé et ça fait un peu long pour attendre le levé du soleil. Avec l’aide d’un moto-taxi, on finis quand même par réussir à réveiller une pauvre dame d’un petit hôtel où je passe la nuit. Une journée ma foi tout à fait étrange riche en expérience et au final j’ai juste perdu une après-midi dans Hoi An sur mon planning.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Al la la la la la !!!! On n'est que au troisième jours et déja des aventures magnifique !!!!!!! Bisou alice